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Jardiniers qui doutez de
l'arbre de vie, vous qui ne cherchez plus la beauté en sa
source, arrachez donc les fleurs, décorez votre orgueil. Poètes
qui louez les princes de ce monde, vous qui ne chantez plus la beauté à
sa source, faites semblant de vivre et adorez le vide. Vous qui
levez les yeux au ciel pour le maudire, faites donc les cent
pas, emmurés en vous même l'orgueil, ces quatre murs sans jamais
voir le jour, il n'est pas de prison où l'on soit aussi seul. Frères
qui vous moquez du sens de mes paroles, je chanterai pour vous dans
l'attente de l'aube, plus fort que vous et moi, plus puissant que le
temps, plus créateur que l'homme. Un feu en nous caché
embrasera tout coeur et toute intelligence, unifiera nos vies, nous
rendra fraternels, et nous nous aimerons pour l'amour de
l'amour, pour l'amour de l'amour.
Giani Esposito
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